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La voie alchimique du Bouffon

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Il a existé une lignée de maîtres spirituels orientaux proches du Ch’an dont le comportement pédagogique fut pour le moins étrange. En effet, ils enseignaient en faisant les idiots et les pitres. On les trouvait rarement assis sur un trône prestigieux, mais balayant plutôt les écuries comme des palefreniers sans importance. Dès qu’on les interrogeait sur un sujet spirituel, ils montraient leurs fesses ou se curaient le nez en imitant le cri de la chouette. Saviez-vous que cette lignée a existé et existe encore dans la Tradition occidentale?

Le maître fou

Qu’y a-t-il de si spirituel dans une telle réponse? Précisément l’absence de réponse. Ou bien alors une réponse qui va heurter l’élève qui la pose. En maniant ainsi le paradoxe jusqu’à l’extrême, le maître sait qu’il va provoquer quelque chose de positif chez son élève. Il va l’aider à observer sa propre suffisance et l’importance qu’il attache à sa petite personne.

Le bouffon du roi

Au moyen âge, une autre corporation d’individus avait à peu près la même fonction. On les appelait les bouffons. Leur rôle consistait à incarner la fatuité humaine et, par extension, la plupart des défauts grossiers de l’homme. Jalousie, envie, avarice, méchanceté, folie etc.

Le bouffon n’avait pas d’identité propre car sous son masque se cachait souvent un sage, initié ou philosophe, capable de lucidité et de véracité. Il était le seul à avoir le droit de dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Mais le prix à payer était de passer pour fou, et pire encore, de n’avoir aucune possibilité d’ascension sociale.

Saltimbanques et camelots

Dans le même registre, des troupes d’artistes et autres forains produisaient parmi le peuple, de bien étranges spectacles. Eux aussi jouaient de la bouffonnerie et de la farce sans jamais dévoiler leur vrai visage. Ces initiés maquillés et encostumés avaient pour fonction de faire circuler la tradition orale parmi les masses.

Le jeu de Tarot, par exemple, fut introduit dans le petit peuple au nez et à la barbe des officiels catholiques afin de répandre l’enseignement initiatique de façon inaperçue.

Les camelots quant à eux, ces commerçants braillards et racoleurs, mais dont l’oeil vif pouvait regarder le soleil en face, étaient les descendants d’une vieille lignée spirituelle et chevaleresque. La ville du Roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde ne porte-t-elle pas elle aussi le nom de Camelot?

Pourquoi se prendre au sérieux? 

Cette auto-suffisance qui anime les humains lorsqu’ils s’occupent de quelque chose qui leur tient à coeur, est la cause de nombreux malentendus. Sous prétexte de spiritualité, beaucoup se prennent très au sérieux. Ils jugent leur entourage et sont perpétuellement stressés.

Incapables de rire et de faire les pitres devant leur miroir ou en famille, il condamnent les sentiments humains et toute manifestation de joie spontanée. Danser, chanter, boire ou se rouler par terre, leur est complètement étranger tellement ils ont une idée haut perchée de leur propre importance ou de leurs pseudo connaissances.

Leur problème est qu’ils essayent d’être des individus parfaits et conformes à l’image qu’ils se font de la réalisation spirituelle. Ils sont d’ailleurs les premiers à en souffrir, et si ce n’est pas le cas, c’est leur entourage qui trinque…

Votre serviteur est un bouffon et fier de l’être!

Voilà qui permettra je l’espère que soit enfin compris (mais pas forcément accepté) mon caractère racoleur, mercantile, bagarreur, tailleur de slips, chanteur et danseur de claquettes.

Quelques exemples de mes exploits initiatiques :

Je vends mes créations avec un marketing volontairement criard et drôle.
J’imite Claude François, Eddy Mitchell, Dalida et Gérard Lenorman pour endormir ma fille.
Je mange du soleil tous les jours.
Je bois régulièrement un verre de pinard avec feu le Frère Marc, mon pote cistercien.
Je voyage dans l’espace-temps sur la machine de Grebenikov en chantant du Joe Dassin.
Je contemple les yeux de Jésus sur une icône roumaine.
Je fais du Krav Maga.
Je donne un billet à un pauv’type. (Dingue, hein?)
J’aime mes élèves et je prie pour eux.
Je pleure devant la rougeur de ma quintessence antimoniale.

Pourquoi vous prenez-vous au sérieux braves gens ?

Hein?
Pourquoi?

Bon, je vous laisse, il faut que j’aille balayer…

Bien fraternellement
Stéphane Le faou

A lire absolument…

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Et qu'on se le dise par Toutatis !