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Quel est le véritable but de la théurgie ?

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Quand on les interroge sur leurs motivations profondes, les adeptes de la haute magie cérémonielle, ou théurgie, sont souvent confus. S’agit-il d’acquisition de pouvoirs surnaturels, de conversation avec les anges, de recherche de sensations paranormales, ou de tentative de fusion dans l’Unité de Dieu ? Les réponses sont nombreuses et varient en fonction de l’évolution spirituelle du praticien. Pourtant, il existe bel et bien un but unanime dans l’esprit de tous les maîtres antiques, qui est l’assentiment de l’intelligence

Intellect ou intellectualisme ?

De Platon à Denys l’aréopagite en passant par Plotin, Proclus et Jamblique, tous les théurges antiques sont d’accord pour dire que la pratique théurgique conduit à une transformation qui touche principalement l’intelligence.

Il existe néanmoins un problème sémantique avec le mot intelligence ; c’est qu’il est de nos jours associé à l’intellectualisme qui, au sens moderne, signifie l’activité cogitante du mental et, par extension de l’ego.

Or pour les Antiques, l’intellect humain n’a qu’une seule fonction : refléter l’Intellect divin. Par la pratique de la haute magie et des rites initiatiques, le théurge contacte des zones de consciences de l’Univers de plus en plus élevées, ce qui lui confère la Connaissance et donc, la véritable intelligence.

Les dialogues de Socrate

À travers Socrate, Platon expérimente un nouveau mode de communication éthique et responsable. C’est la maïeutique philosophique, éprise de vérité, d’impartialité et d’équité.

Pour Platon, on ne cherche pas à avoir raison à n’importe quel prix. Cette attitude appartient aux sophistes et politiciens, ceux qui manient l’éloquence et les techniques de persuasion abusive.

Si l’on part du principe que Dieu est bon, la perception intelligible de Dieu conduit forcément à la pensée juste et vraie. Lorsque le théurge entre en relation avec l’Intelligence cosmique, son raisonnement s’ajuste et son mental se purifie.

Vers un alignement total

Une fois que le théurge a réglé sa conscience sur la bonne fréquence – sur Radio Unité, pourrait-on dire —, il peut alors recevoir des informations sur le sens de la vie et le mode de fonctionnement des grandes lois de l’Univers. C’est la Connaissance sacrée qui peut à cet instant s’écouler en lui pour la bonne raison que son intelligence est capable de la recevoir.

Tout le problème de l’initiation est là. Il s’agit principalement d’un processus de préparation visant à assembler correctement nos multiples fonctions cérébrales comme on assemblerait les différentes pièces d’un puzzle auparavant dispersées.

Le résultat est une vision claire de l’ensemble. Au sens spirituel du terme, cela signifie voir le Tout et l’unité qu’il forme dans la multiplicité des mondes.

Voir et contempler

Dans le langage courant, la vue et l’intelligence sont liées. On dit souvent « je vois » pour signifier que l’on a compris quelque chose. On peut aussi « voir clair » dans le comportement de quelqu’un.

Si notre compréhension est réglée sur des valeurs comme le bien, le juste et l’utile, on ne tardera pas à faire l’expérience de ce que les adeptes appellent l’assentiment de l’intelligence.

Ce vocable n’est pas très en vogue dans les milieux ésotériques, car il a été principalement employé par les religieux pour expliquer comment l’âme humaine parvient à contempler les mystères de Dieu.

La contemplation est donc la clé principale de la pratique théurgique, car c’est elle qui permet d’obtenir la vision lumineuse de la vérité Une. Lorsque l’intelligence du mage est assentie, c’est à dire lorsqu’elle s’est pliée et modelée sur un registre unitaire, celui-ci peut alors voir – et non pas regarder – dans sa plénitude le cœur du soleil ou œil de Dieu.

Œil pour œil, l’assentiment de l’intelligence entraîne l’union des volontés dont nous ont parlé les grands mystiques chrétiens, faisant de l’assentiment de l’intelligence le principal souci du théurge.

La voie du pitre

L’intelligence de l’homme commun est un agglomérat de stupidités et de fausse ingéniosité. L’homme qui croit raisonner correctement sans l’aide du divin soumet son intelligence à de médiocres réflexions. En se croyant plus malin que tout le monde, l’être épris de lui-même et qui voue un culte à son ego boursoufflé, est en fait plus ignorant qu’une vache.

Car la véritable inspiration des inventeurs et des poètes vient d’en haut. Il y a ceux qui le savent et ceux qui l’ignorent. Ceux qui le savent rendent quotidiennement hommage aux dons célestes qu’ils reçoivent de la Source d’où ils sont venus, et qui leur prête momentanément un souffle de conscience qu’ils devront restituer à l’heure du trépas.

À moins que, durant leur existence, ils aient établi un lien durable avec l’Intelligence suprême de l’Univers et pris conscience de leur fatuité misérable dans un éclat de rire qui fera probablement vibrer les ailes des anges et l’auréole des saints.

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