Fulcanelli - cfio.fr

Pourquoi Fulcanelli est-il mon auteur préféré ?

La littérature alchimique est vaste car le nombre d’auteurs ayant écrit sur le Grand-œuvre et la pierre philosophale, à toutes les époques et dans toutes les langues, est tout bonnement colossal. L’une des difficultés majeures de la recherche alchimique consiste donc à savoir choisir judicieusement les livres qui nous serviront de guides et de repères. Personnellement, mon auteur de prédilection fut — et est encore — Fulcanelli, et je m’en explique ici en détail… 

Situer le problème

Le problème des textes alchimiques est d’ordre sémantique. Ils n’ont pas tous été écrits à la même époque, ni dans la même langue. De plus, de très nombreux ouvrages considérés par certains « spécialistes » comme des références incontournables, ne sont pas tous issus de la plume de véritables adeptes. Parmi eux, on trouve des alchimistes en recherche qui exposent leurs connaissances sans véritable certitude, des compilateurs ou copieurs plus ou moins adroits, et quelquefois même de véritables escrocs qui singent les locutions hermétiques pour se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.

On se retrouve alors dans une situation complètement tordue où seules les personnes déjà initiées sont capables de lire des livres censés enseigner aux ignorants… En d’autres termes, comment apprendre une discipline que vous ne pouvez comprendre que si vous savez déjà ?!

La seule réponse se situe dans la tradition orale. On ne peut pas s’en sortir tout seul. Il faut que quelqu’un d’autre nous montre le chemin. Quelqu’un qui a été lui-même guidé par quelqu’un qui savait avant lui, etc.

Les limites du livre

Indiscutablement, il y a de très bons livres d’alchimie. Mais sur quels critères repose cette affirmation ? Certains auteurs disent qu’ils n’ont pas réussi à faire la Pierre, mais qu’ils en possédaient pourtant toute la science théorique. C’est tout à fait probable ; et c’est d’ailleurs la situation de la plupart des élèves du CFIO ayant étudié la formation sur le Grand-Œuvre alchimique. En effet, il ne suffit pas de savoir comment faire la Pierre pour y parvenir, et ce pour la bonne cause qu’elle est un Don de Dieu, qu’Il octroie à certains et pas à d’autres, pour des raisons absolument impénétrables.

Mais alors, à quoi peut bien servir d’écrire des livres d’enseignement que personne ne peut comprendre à part ceux qui savent déjà ? Pourquoi ne pas dire clairement les choses dès le départ et donner des informations claires à ceux qui veulent savoir ? Tout simplement parce que, contrairement à ce que l’on croit aujourd’hui, les livres d’alchimie n’ont jamais été des manuels pour le grand public. Ils constituaient avant tout des textes d’études destinés à des apprentis ayant reçu des instructions préliminaires dans le cadre de structures initiatiques confidentielles.

Avec le temps, on s’est habitué à la présence des livres d’alchimie dans les rayonnages des librairies, mais cette situation traduit en réalité une dégénérescence de l’enseignement hermétique traditionnel.

Bref, si vous ne maîtrisez pas les principes généraux de la philosophie hermétique, vous ne pourrez que vous tromper lorsque vous tenterez d’extraire des informations positives des livres d’alchimie ; et à commencer par les remarquables ouvrages de Fulcanelli.

Un auteur monumental

La chose étant entendue, on peut observer (et étudier) l’œuvre de Fulcanelli sous un tout autre angle.

Premièrement, si l’on entend étudier une science aussi complexe que l’alchimie, il vaut mieux s’adresser à un maître qui parle dans notre langue et dont l’époque n’est pas trop éloignée de la nôtre. Fulcanelli est l’un des derniers adeptes de valeur que nous ayons sous la main.

Deuxièmement, tant qu’à étudier un sujet, autant le faire avec un auteur qui manie la langue française avec brio et fluidité. Fulcanelli — là aussi — excelle en la matière avec un style qui le caractérise vraiment, et qui démontre l’immense profondeur de sa culture en la matière.

Troisièmement — et je suis formel ! —, on ne peut pas comprendre l’œuvre de Fulcanelli ni en tirer le moindre enseignement tant que l’on n’a pas fait ses classes. C’est-à-dire tant que l’on ne s’est pas formé correctement aux notions élémentaires et aux principes fondamentaux de la science hermétique.

Par exemple, si vous confondez encore le Soufre et le Mercure, ou bien que vous en avez seulement une vague idée, laissez tomber ! Si vous ne savez pas faire la différence entre un sel métallique et le principe sel de la théorie alchimique générale, vous perdez votre temps à vouloir décrypter à l’arraché les jeux de mots fulcanéliens. Enfin, si vous croyez fort et ferme que la pratique alchimique se limite à une seule matière, passez votre chemin car vous tomberez dans les ténèbres d’une cécité irréparable.

Une œuvre monumentale

Quel vent d’ignorance a poussé le public à croire que Fulcanelli ne décrit qu’une seule voie alchimique ? Qui a pu être aussi sot (sceau ?) pour affirmer que la « voie sèche » fut toujours l’unique quête suivie par notre adepte ?

Grand Dieu ! — comme dirait l’autre – La bilogie de Fulcanelli est un véritable Compendium alchimique et symbolique comme il n’en a jamais été écrit dans toute l’histoire de l’hermétisme. Le mystère des cathédrales et Les demeures philosophales recensent en effet la quasi-intégralité des voies de laboratoire connues depuis la plus haute antiquité sous le voile — il est vrai — d’une allégorie fine et subtile.

Il faut simplement rappeler, à la décharge du maître, qu’il s’occupait à l’époque d’une petite troupe d’étudiants auxquels étaient destinés ces écrits à la forme traditionnelle, et qu’en aucun cas, ces mêmes élèves n’auraient pu se soustraire aux directives orales que tout enseignant véritable dispense dans le cadre restreint de la confidence initiatique.

Le CFIO a depuis pris la relève de ces divulgations préalables et indispensables, avec sa formation sur « Le grand-Œuvre alchimique », sans laquelle il est impensable, à l’heure actuelle (sauf guidance humaine privilégiée), de pouvoir aboutir dans les saintes recherches philosophales.

Une enquête stérile

Qui était Fulcanelli ? Quelle importance ? L’alchimie verra disparaître — car c’est le lot commun des hommes — ses acteurs et propagateurs, au profit de la Science, éternelle quant à elle, dont les fondations persisteront au-delà des œuvres humaines. Pourquoi donc perdre son temps et son énergie à vouloir découvrir l’identité d’un homme qui a cru bon s’effacer devant son oeuvre ?

Derrière Fulcanelli, il y avait un collège d’alchimistes du XIXème siècle. A la suite des murmures instructifs du maître, il y avait ensuite les cahiers d’enseignement qui ont constitué plus tard les livres que nous connaissons – sous l’impulsion, apparemment, d’une étrange usurpature… La destination de ces cahiers était purement pragmatique, à l’usage des opératifs qui pouvait, grâce aux clés données sous le manteau, envisager la suite laborantine de leurs efforts. Mais seulement dans la solitude requise par la discipline hermétique depuis l’aube des temps, d’où la présence de l’allégorie et du symbole.

Une étude poussée du contenu de l’œuvre de Fulcanelli reste à faire. C’est un projet que j’envisage à plus ou moins long terme mais qui a déjà largement commencé avec l’encyclopédie d’alchimie soli-lunaire, dont les deux premiers tomes sont déjà parus au CFIO. Un troisième tome paraitra très bientôt et  sera consacré à la vie après la mort, l’immortalité de l’âme et la seconde mort de la tradition hermétique. Une voie d’alchimie interne totalement inédite d’origine copte sera également enseignée dans ce volume. A très bientôt donc…

Et qu'on se le dise par Toutatis !