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Pierre philosophale VS pierres alchimiques

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La plus grande erreur alchimique consiste à confondre les principes et les pratiques de l’hermétisme. Par exemple, on me demande souvent d’expliquer la différence entre la pierre philosophale et les pierres des divers règnes végétal, minéral et animal.  Cette intéressante question démontre les dégâts qu’ont pu causer les multiples interprétations arbitraires de l’alchimie, et en particulier sur Internet.

Une définition universelle

J’en ai abondamment traité dans ma formation sur le Grand-Œuvre alchimique, mais il n’est pas inutile d’en rappeler ici les grandes lignes, la première chose que le chercheur doit graver dans son esprit est que la pierre philosophale est d’abord un concept philosophique.

Rappelons avec simplicité que le Grand-Œuvre est un grand travail et, qui plus est, un œuvre ou encore un ouvrage, dont le résultat est la pierre philosophale. Le fait que l’œuvre implique un art, démontre que ce travail n’est pas le résultat d’une simple recette immuable et rigide qu’il suffit d’appliquer. Le fait même que l’alchimie soit une démarche artistique – ou artisanale – implique qu’elle réponde à une théorie et des pratiques multiples. On en conviendra aisément en prenant pour comparaison l’art de peindre ou celui de chanter.

La pierre est un fruit universel. On la trouve dans différents domaines religieux et ésotériques comme la pierre d’angle de la maçonnerie, la pierre sur laquelle Jésus bâtît son Église, ou encore celle que Moïse frappa avec son bâton pour faire jaillir une source d’eau vive.

Cette pierre est brute au départ, ce qui évoque pour les Anciens la dureté et l’opacité de la condition existentielle. Par le travail alchimique, elle s’ouvre et devient philosophale, c’est-à-dire textuellement, habitée de sagesse.

Sur quoi on travaille ?

Si l’on a bien compris ce principe, alors on comprend également que la pierre philosophale, avant d’être un objet particulier, une poudre rouge transmutatoire ou je ne sais quoi d’autre, est d’abord un processus de purification ultime. C’est un terme générique, une idée globale qui peut concerner tout et n’importe quoi, une plante, un métal ou un bonhomme.

La condition générale du monde manifesté est d’être recroquevillée sur elle-même. La matière et la chair sont donc resserrées et opaques. La lumière ne pénètre pas facilement dans l’épaisseur du monde, ce qui justifie un travail spirituel de dilatation et de purification. Solve et coagula.

Les plantes possèdent des vertus, mais elles sont également chargées d’impuretés. L’alchimie végétale s’applique à les débarrasser de leurs accidents de parcours dans les entrailles de la Terre, jusqu’à créer ce qu’on appelle un nouvel être végétal. La plante est donc passée par un processus de désagrégation et de coagulation. Elle perd sa condition de simple végétal au profit d’un état existentiel supérieur. De pierre brute qu’elle était auparavant, elle devient philosophique en perdant son opacité et ses impuretés.

On peut faire la même chose avec un métal ou un minéral, lequel obtiendra des vertus bien connues du public.

Et enfin, cet œuvre peut, bien entendu, être fait sur l’homme perfectible,  épris d’évolution et désireux de se réaliser sur le plan spirituel.

Dans tous les cas, on pourra parler de processus alchimique ou de pierre philosophale sans craindre de se tromper, puisque l’alchimie est l’art des transformations et, par extension, celui des transmutations. En effet, la vertu transmutante d’une pierre, quelle que soit son origine végétale, minérale ou animale, est une capacité à entraîner avec elle son semblable sur le même chemin de perfection.

Ce qui explique les transmutations métalliques, mais pas seulement. Dans son livre AZOTH, Roger Guasco (dont je vous ai déjà conseillé la lecture) avait parfaitement compris et expliqué ce phénomène de résonance concernant les capacités transmutantes qu’un homme de connaissance peut avoir sur un autre. Et il avait appelé un tel homme pierre philosophale à très juste titre.

Les pierres de laboratoires

Malheureusement, en grande majorité, les alchimistes ou prétendus tels, sont obsédés par la transmutation des métaux en or. Beaucoup s’en défendent en société, mais dans l’intimité, je peux vous dire que ce désir reste très présent et plus fréquent qu’on ne le croit.

La transmutation est un fait réel. J’en ai parlé dans une formation dédiée à la pierre d’antimoine par voie ancienne. Mais il y a tant de procédés différents qu’il serait bien difficile de tous les énumérer. Ils sont tous potentiellement valides, bien que vous n’arriverez jamais à transmuter un métal avec un élixir de plante ; de même qu’une pierre philosophale du règne métallique pourrait s’avérer dangereuse pour le règne humain si elle n’était pas d’abord dulcifiée (ou rendu digeste) à celui-ci. Voilà qui explique l’intérêt des pierres philosophales animales qui agiront harmonieusement dans leur propre règne.

Et la grande pierre philosophale qui fait tout ?

Je vous l’ai dit, c’est un principe, une idée de travail et un leitmotiv spirituel. Si vous avez réussi à faire entrer un peu de lumière quelque part, ce quelque part est devenu philosophal, n’en doutez pas.

Le pouvoir qu’aura votre pierre dépend ensuite de la quantité de lumière introduite par vous en icelle. On ne le répétera jamais assez, aucune pierre philosophale ne possède les mêmes pouvoirs. Ça, c’est le mythe et la légende. Ceux qui vous affirment le contraire vous mentent ou veulent absolument s’accrocher à  leurs illusions. Ils n’ont jamais vu ni touché ce dont ils parlent.

Ora et labora

Dernière chose, il n’est pas faux de penser que le travail alchimique de laboratoire agit sur l’homme. Mais cela ne fait pas tout. Si vous ne travaillez pas sur vous-même en amont, non seulement vous n’évoluerez pas, mais en plus, vos résultats en laboratoire seront nuls.

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Et qu'on se le dise par Toutatis !