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Les ordres magiques au scalpel

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On m’interroge fréquemment sur la validité spirituelle et initiatique des divers ordres magiques tels que la Golden Dawn, l’Aurum Solis ou le Martinisme. La magie est un secteur à part dans l’ésotérisme. Sa proximité avec l’occultisme de bas étage et la sorcellerie en fait un sujet sensible, et engendre beaucoup de méfiance parmi les chercheurs. Les quelques pistes suivantes nous aideront à nous poser les bonnes questions…

Une des trois sciences mères

À cause du foisonnement actuel des livres d’occultisme pratique, le public ignore souvent que la magie faisait partie des sciences considérées sacrées chez les Anciens ; en Égypte notamment.

La tradition hermétique parle de trois sciences-mères qui sont l’astrologie (rien à voir avec votre horoscope), l’alchimie et la magie.

Mais pour comprendre cette forme de magie, il faut lui rajouter l’adjectif « divin », ce qui donna le mot « théurgie » signifiant en grec « ouvrage ou œuvre de Dieu ». Nous ne sommes pas loin finalement du Grand-Œuvre des alchimistes, dont l’objectif, tout comme la haute magie, est d’atteindre l’illumination divine au moyen de rituels d’invocations.

Le théurge réalise donc une opération mystique qui s’éloigne considérablement des pratiques de basse magie – si cérémonielles soient-elles – par lesquelles l’opérateur cherche à infléchir les sphères célestes à sa volonté, afin d’obtenir des avantages terrestres et personnels.

Or, avec la théurgie, nous sommes dans un processus transpersonnel puisqu’il y a une recherche de fusion avec le divin.

Une origine controversée

En ce sens, on peut donc considérer que la voie magique est réellement spirituelle et qu’elle peut constituer une praxis initiatique efficace. Le problème se pose lorsqu’il est question d’être enseigné, et donc initié dans un Ordre pour  y recevoir un enseignement.

Actuellement, il n’y a pas trente-six possibilités. Mis à part la Golden Dawn, l’Aurum Solis, le martinisme, et certains ordres hermétiques (liés à la maçonnerie et plus difficiles d’accès), ce que vous trouverez, sont des adaptations plus ou moins heureuses de ceux-là.

Les martinistes n’apprécieront certainement pas d’être rangés dans la même catégorie que la GD ou autres ; de même que certains ordres hermétiques ne se sentiront pas en affinité avec les doctrines du Philosophe inconnu (Louis-Claude de Saint-Martin).

Je ne veux offusquer personne. Mais il y a, quoi qu’on en pense, une démarche commune à toutes ces structures. Celles de nous faire croire en leur ancestralité. Certes, celle-ci existe sur le plan philosophique, puisqu’on se réclame de Pythagore, de Plotin et du corpus hermeticum de la Renaissance… Mais vouloir faire remonter l’origine d’un Ordre à de hautes époques antédiluviennes, et faire croire à ses membres que des supérieurs inconnus et invisibles chapeautent le déroulement de leur initiation, c’est ici que le bât blesse.

La réalité est que tous les ordres initiatiques sont des créations ex nihilo, que leurs fondateurs se sont sentis obligés de rattacher à d’hypothétiques structures antiques, qui se seraient transmises les arcanes de génération en génération.

La réalité est moins merveilleuse, sans pour autant être totalement inverse. Les transmissions initiatiques circulent en effet le plus souvent d’un homme à un autre. Quelquefois, certains arcanes sont en sommeil durant plusieurs générations jusqu’à ce qu’ils réapparaissent par l’entremise d’une personne dont c’est précisément la mission. Papus, par exemple, a fondé le martinisme sur les bases d’un enseignement depuis longtemps rendu silencieux…

Des avantages certains

Les voies magiques constituent néanmoins d’excellents outils initiatiques, pour la bonne raison qu’elles suivent un protocole de travail structuré. Il y a des étapes et une progression rythmée qui est ponctuée par des rites d’initiation graduels.

Contrairement aux voies purement mystiques ou orientales, dans lesquelles on ne sait jamais vraiment où l’on en est, le mage (ou théurge) suit un itinéraire précis, dans un ordre donné, qui facilite l’intégration de ses connaissances ésotériques, et sécurise le développement de sa conscience jusqu’à un niveau ultime. En tout cas, c’est comme ça que c’est conçu.

Par exemple, la proposition de la Golden Dawn consiste à remonter l’arbre de vie cabalistique, tout comme en maçonnerie on cherchera à remonter l’échelle de Jacob. Pour le martinisme, bien qu’il y ait des rituels également, c’est un peu plus diffus en raison de l’orientation plutôt mystique (interne) que Saint-Martin avait jugé utile de privilégier à un moment de son parcours.

Des inconvénients

Indiscutablement, le gros inconvénient de la voie magique, si tant est que l’on écarte le zèle d’historicité tendancieuse dont on a parlé, est l’absence cruelle de maitres réellement qualifiés.

Cela s’explique aisément pour deux raisons :

Premièrement, lorsqu’un initié parvient à un certain niveau de réalisation, en général, il quitte les organisations structurées et les ordres auxquels il appartient, parce que ceux-ci sont trop souvent le tableau de querelles intestines qui l’ennuient et le désolent.

Deuxièmement, le détenteur des véritables arcanes n’est jamais celui qui se trouve à la tête d’un ordre initiatique. Bien souvent, les grands initiés et adeptes ne se font pas connaître. Ils jouent les novices et repèrent les meilleurs éléments initiables au nez et à la barbe des grands pontifes hautement décorés. Puis, quand le temps est venu, ils quittent les ordres en question et c’est ainsi que certaines structures se voient littéralement dévitaliser de leur dimension hermétique dans l’ignorance généralisée.

Le deuxième risque de la voie magique est le déséquilibre psychologique. La force des rituels ainsi que certaines identifications à des formes divines, peuvent occasionner chez des personnes insuffisamment préparées, des troubles psychologiques plus ou moins graves.

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