Mourir pour trouver la Vie

Dans mon dernier article, je vous proposais de mourir, aujourd’hui il est temps de renaître. Mais attention, RE-Naître, ce n’est pas RE-construire la même chose. Ce n’est pas faire du neuf avec du vieux. Ce n’est pas rafistoler. En réalité, ressusciter, c’est RE-VIVRE, ou encore dans la langue cuicui, REV-IVRE ou RÊVE-IVRE, c’est-à-dire RÊVER À L’IVRESSE

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Gare aux confusions

Malheureusement, quand on perd tout, on se met du scotch partout et on n’ose plus rien faire.

On se fait tout petit et on se contente ensuite du minimum.

On accepte d’être brisé au lieu d’être simplement déconstruit.

On confond cassure et déstructuration.

En résumé, on n’a pas compris que la mort n’a fait que nous délivrer de nos anciennes limitations.

Renaître plus léger

La mort nous enlève nos chaines et les boulets attachés à nos pieds, ceux auxquels on s’était habitués au point de croire qu’ils faisaient partie de nous.

En réalité, la mort nous a rendus légers, mais cette sensation de liberté nous a donné le vertige. Et nous avons paniqué devant l’immensité de l’espace qui s’offrait à nous.

Voilà pourquoi Jésus est sorti du tombeau à Pâques.

Un tombeau bien rassurant, bien lourd, avec de grosses charnières ; un tombeau qui ressemble à nos vies engluées dans la matière et les préoccupations terrestres.

De tout cela, nous pouvons déduire quelque chose d’important : il n’est pas de vie spirituelle et initiatique sans psychologie.

Deux vieux ennemis réconciliés

Bien sûr, ces deux aspects de la vie intérieure ne sont pas toujours synchronisés, et la plupart du temps, ils sont même en profond désaccord.

Beaucoup de soi-disant grands maîtres crachent sur la psychologie et la psychanalyse parce qu’ils craignent que celles-ci les démasquent, et ils ont raison.

En outre, beaucoup de psys méprisent à leur tour la spiritualité, parce que cela vient fragiliser leur autorité et leurs certitudes rationnelles.

Or, une personne qui se dit spirituelle et qui fait l’économie d’une introspection psychique sérieuse prend le risque de s’illusionner totalement. A l’inverse, un psy qui ne tient pas compte de la dimension sacrée de la vie ne pourra aider correctement son prochain et passerait de surcroit à côté d’une partie de lui-même.

Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas-là?

On apprend la soudure !

C’est ce qu’ont fait les Pères du désert et la plupart des grands mystiques de l’humanité. Ces grands initiés ont vite compris qu’il n’est pas d’ascension spirituelle sans connaissance de soi.

D’ailleurs, souvenez-vous qu’il est écrit que pour connaître l’univers et les dieux, il faut d’abord se connaître soi-même. Dans ce cas, comment se fait-il qu’on ait autant fait l’impasse là-dessus?

Comme c’est Pâques, je vais vous donner un exemple évangélique qui passe souvent inaperçu.

Lève-toi et marche!

Jésus se balade un jour et passe à côté d’une piscine où gît un paralytique qui se plaint auprès du maître des miracles de ne pouvoir se jeter dans l’eau à cause de son handicap.

Vous connaissez l’histoire, Jésus lui dit simplement : lève-toi et marche!

Tout le monde a vu ça comme un miracle. Jésus avait encore guéri un malade!

Maintenant, je vais vous raconter la scène d’une autre manière en décortiquant son symbolisme.

Le paralytique n’est pas paralysé comme c’est le cas de ces personnes invalidées par un accident. Ici, c’est une manière de dire qu’il est bloqué dans sa capacité à rebondir face aux coups durs de la vie.

D’ailleurs, la piscine, c’est l’eau, et l’eau, c’est la vie. 

Donc, apparemment, il a du mal à se (re) jeter à l’eau !

Si on écoute bien ce qu’il dit à Jésus, c’est qu’à cause de son inertie, les autres passent toujours avant lui et, du coup, il reste en plan sur le côté parce qu’il est trop lent. Il se décrit lui-même comme vraiment impotent.

Un autre regard

Évidemment, si l’on prend le texte au pied de la lettre, on a pitié de lui, et on pense que les autres sont tous des salauds.

Mais Jésus, en fin psychologue, voit bien que le mec n’est pas paralysé physiquement, mais seulement dans sa tête. Il s’agit de quelqu’un qui, après une probable épreuve, s’est résigné et est resté sur la touche comme un poids mort. Un mec qui s’est laissé aller et qui ne sait plus faire qu’une seule chose, s’auto-apitoyer.

Que lui répond Jésus?

Bouge-toi le cul ! (Traduction exacte de l’araméen ancien)

Ou encore :

Arrête ton char, escroc ! (Traduction exacte du grec ancien)

Le paralysé est démasqué et retrouve alors l’usage de ses guiboles et sa capacité à continuer de vivre.

Chasser le démon

Vous voyez ? Pas besoin de grands pouvoirs de guérison. Pas besoin d’invoquer les anges du ciel ni la Vierge Marie pour remettre un bonhomme sur pied.

Pas besoin de miracle ! Il suffit de VOIR clair !

Juste un peu de bon sens et une profonde connaissance de l’être humain et des mécanismes psychologiques qui l’animent.

Je vous parlais tout à l’heure des Pères du désert.

Ces types étaient des moines et des mystiques, mais ils étaient aussi connus pour être de sacrés thérapeutes. D’ailleurs, il semble bien que Jésus ait appartenu à un tel groupe et que bon nombre de ses miracles soient finalement imputables à du coaching plus qu’autre chose.

Et les miracles alors?!

Bien sûr, je ne suis pas en train de dire que les miracles surnaturels n’existent pas.

Croyez-moi, si je suis encore sur cette Terre au moment où j’écris ces lignes, c’est que les miracles existent !

Cependant, la vie spirituelle réclame une forte dose d’objectivité, ce qui est paradoxal. Il faut en effet du discernement à l’homme épris d’absolu pour pouvoir contrer les pièges de l’illusion.

Les Pères du désert ont balisé ce chemin et nous ont donné des outils performants dans le domaine de l’exploration de soi. L’avantage de ces outils, comparativement à certaines propositions psychothérapeutiques actuelles, c’est qu’ils sont simples et faciles à utiliser.

Les Anciens ne s’emmerdaient pas avec des trucs compliqués. Leur vie réduite à l’essentiel leur interdisait tout snobisme intellectuel. Ils étaient pragmatiques et efficaces. Ils étaient sages et clairvoyants.

Si vous avez envie de découvrir plus avant cette sagesse du désert, qui réconcilie la psychologie et la spiritualité, je vous propose une formation complète sur le sujet. A bientôt de l’autre côté…

Et qu'on se le dise par Toutatis !