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Les initiés ont-ils une double vie?

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Dans les milieux ésotériques, il est coutume de parler de vie profane et de vie sacrée. C’est une manière d’expliquer qu’un initié peut être à la fois très haut gradé dans les ordres initiatiques qu’il fréquente et simple quidam social au profil professionnel modeste dans sa vie de tous les jours. Comment concilier cette dualité et que signifie un tel décalage existentiel?

Il faut bien manger

Dans notre société désacralisée et agitée, il est très difficile de caser la vie spirituelle lorsque celle-ci commence à prendre de la place. Les obligations professionnelles et familiales sont au premier rang des causes d’échec et d’abandon initiatique. Dans cette phase du travail spirituel, on peut sentir à quel point la vie est compliquée.

La gestion du quotidien a tendance à écraser les aspirations supérieures. On souhaiterait pouvoir changer de vie et passer plus de temps avec soi-même. Rares sont ceux qui parviennent à échapper à cette double vie. 

Il faut bien compenser

Beaucoup de grands maîtres machin-chose trouvent dans les grades initiatiques le moyen de compenser une carence sociale ou professionnelle. Ne se sentant pas respectés à leur juste valeur dans le monde profane, ils cherchent des gratifications narcissiques là où ils le peuvent. Accumulant les grades initiatiques et autres qualifications occultes, ils ne se sentent pas concernés par les réalités basiques de la vie et agrandissent rapidement la fissure qui les éloigne de l’unité.

Leur double vie est flagrante quand on les fréquente de plus près. Ils font de grands discours sur l’ésotérisme et les sciences occultes, les hautes valeurs morales de l’initiation, écrivent parfois des livres très pointus et éloquents, mais leur vie personnelle, affective  et matérielle est quelquefois une véritable catastrophe.

Un problème éthique

Il existe une loi universelle qui veut que plus la lumière augmente et plus l’ombre est forte. Ce phénomène est aussi valable dans la vie spirituelle. On constate que l’augmentation des connaissances et des énergies subtiles consécutives à des rituels ou des pratiques occultes a tendance à exacerber la profondeur de notre inconscient.

Durant les pratiques spirituelles, la plupart des complexes psychiques vont être remués et prendre des formes monstrueuses qui donneront naissance à des perversités inattendues. Il n’est pas rare que de grands maîtres spirituels soient également, dans le secret de leur vie intérieure, de grands psychopathes, mythomanes ou mégalomanes…

Le fait de n’avoir pas suffisamment purifié sa vie matérielle et psychologique est la cause d’un tel dérèglement, même chez des personnes sincères et motivées au départ.

Joindre les deux bouts

Si nos vies sociale, familiale et professionnelle ne sont pas alignées à nos valeurs spirituelles, nous ne sommes pas dans la bonne voie. Le chemin initiatique est exigeant et, dans la réalité, il ne peut y avoir deux vies, l’une profane et l’autre sacrée.

Sinon, cela signifie que les bases normales de la vie existentielle telles que le mariage, l’argent, ou le simple développement personnel et professionnel sont des illusions. Or, comme en témoigne la vie des moines, il faut de tout pour réussir sa vie spirituelle.

En mettant un peu de sens, de mesure et de pureté dans tout ce que l’on fait, on n’a plus le sentiment d’avoir deux vies, l’une intéressante et l’autre pénible. Si nos choix sont orientés dans la même direction qui est la sacralité (le beau, le bien et le juste), alors nous pouvons nous installer dans une existence unifiée, quelles que soient l’importance et les fonctions que nous exerçons.

Trouver le courage de changer

En cours de route, des choix importants doivent être envisagés. On ne peut plus tricher ni se mentir à soi-même. Si quelque chose ne va pas dans un ou plusieurs domaines de notre vie, nous devons trouver le courage de faire autrement et de prendre le problème à bras le corps. Sinon nos grades et nos médailles d’initiés ne servent pas à grand-chose… 

Nous devons refuser d’avoir deux vies. Il est nécessaire de dissoudre cette frontière qui sépare la vie profane de la vie sacrée. Car, en réalité, ces deux modes d’existence n’existent pas. C’est une vision de notre esprit, une pensée complaisante envers nous-mêmes, qui nous permet d’alimenter notre mensonge personnel le plus longtemps possible, et nous donner bonne conscience.

Je connais de grands initiés qui sont obligés de demander à leur femme la permission d’installer un laboratoire dans leur garage, et qui font par ailleurs preuve d’une autorité abusive dans leurs ordres initiatiques. D’autres se cachent de leur famille pour ne pas attirer de soupçons sectaires sur eux (et alors?). D’autres planchent sur l’éthique des philosophes et travaillent dans des entreprises qui font fabriquer leurs produits par des enfants de pays sous-développés…

Arrêtons le carnage. Plus de double vie. Travaillons à nous unifier jusque dans les détails les plus infimes du quotidien. Et s’il le faut, osons arrêter ou modifier ce qui ne va pas.

Gageons que c’est un pari difficile. Une pratique spirituelle à part entière. Le travail de toute une vie.

Comment sacraliser toute sa vie? c’est par ici

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