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L’Eglise et la magie divine

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En règle générale, la magie et la religion ne font pas très bon ménage. L’anticléricalisme des mages fait aujourd’hui concurrence au rationalisme forcené des nouveaux prêtres. Pourtant, la littérature antique démontre que cette frontière n’a pas toujours existé et que la théurgie ou magie divine était prise très au sérieux par les religieux d’antan. L’évocation des Rois mages qui découvrent l’Enfant-Christ est là pour nous le rappeler. Les quelques précisions suivantes vont nous aider à rendre à César ce qui lui appartient…

Esprit, es-tu là ?

En séparant la magie de la religion, on oublie deux choses. Primo, les mots mage et prêtre ont la même racine étymologique dans certaines cultures anciennes, chaldéenne notamment.

Deusio, personne ne pourra le contredire, le rite religieux est une tentative de contact avec le divin. Ce n’est pas seulement une attitude d’adoration. Même si elle a été considérablement complexifiée par la théologie moderne, la liturgie reste avant tout un environnement cérémoniel sacré dans lequel on invoque la présence d’un esprit (eh oui), qu’on appelle Esprit-Saint.

En y regardant bien, tout comme le mage, le prêtre manie lui aussi un certain nombre d’ustensiles. Il est vêtu d’une robe, entonne des mots de pouvoirs et des chants évocateurs. Il travaille dans un temple au décorum particulier.

Les païens et la peur de l’Église

On affirme souvent que l‘Église, dans son souci de domination, a persécuté les sciences occultes et les vieilles traditions païennes qui pratiquaient des rites magiques. C’est une vision très étroite du problème qui mériterait de profonds développements.

Et pour ce faire, il convient de distinguer l’influence sociale de l’Eglise sur un peuple qui a besoin de structure et de morale, de son influence métaphysique réservée quant à elle à un petit nombre capable d’intégrer un ésotérisme conséquent.

En réalité, les sciences occultes ont toujours été étudiées dans l’enceinte des cloîtres du monachisme occidental. Beaucoup de papes et ecclésiastiques influents étaient également alchimistes et théurges. Le paganisme, que l’on pose trop souvent en victime, a été intégré dans le christianisme plutôt que détruit. A certains égards, on peut même considérer que c’est le christianisme qu’il l’a sauvé de la disparition, en le reformulant d’une part (reformuler n’est pas spolier) et en l’actualisant ensuite au profit d’une époque changeante.

L’influence puissante des philosophes grecs sur le christianisme et les nombreux échanges souterrains entre les l’Orient et l’Occident durant les croisades, démontrent que la circulation intellectuelle et scientifique fonctionnait très bien à certains niveaux de la hiérarchie religieuse.

Sinon, jamais on n’aurait autorisé qu’un Bernard de Clairvaux fût surnommé le dernier des druides.

Le massacre des conciles

En revanche, les conciles œcuméniques de l’Église ont véritablement amputé les rites de la religion catholique de leur dimension magique. Jean Hani a consacré un remarquable ouvrage sur le sujet. Dans La divine liturgie, il démontre que les changements opérés par les conciles tardifs ont désamorcé le pouvoir invocateur de rites.

Il dénonce par exemple, le déplacement de l’autel et l’inversion de la position du prêtre faisant face à présent aux fidèles, alors qu’il leur tournait traditionnellement le dos. Dans un monstrueux souci de popularisation du rite, on a demandé au prêtre-mage de devenir un simple orateur qui fait son discours en dehors de la chaire, réservée pourtant à cet usage dans les temps anciens, et qui voit maintenant son utilité réduite à néant.

On peut parler aussi de ces vitraux insipides des églises modernes, commandés chez quelques artistes dérangés, n’ayant pas les connaissances ésotériques ni alchimiques qui leur auraient permis de répondre aux nécessités magiques des formes et des couleurs en vigueur dans l’art sacré de la théurgie.

L’orientation géographique qui ponctue souvent le cérémonial magique se trouve elle aussi en mauvaise passe avec cette façon pathologique de tout changer pour « faire moderne » et qui, en définitive, explique pourquoi on s’emmerde tant dans les églises d’aujourd’hui…

Un bilan difficile

On dit souvent que les églises sont désertées parce que la religion n’intéresse plus personne. C’est faux, le sacré est plus que jamais dans l’esprit des gens. Simplement, en quelques siècles, on a dévitalisé les rituels religieux occidentaux de leur dimension magique. Les gens l’ont senti, c’est pourquoi ils ne viennent plus à la messe.

Les rites ne peuvent plus fonctionner et apporter les bénéfices merveilleux de jadis. Comme un homme à qui l’on a coupé le bras, le peuple de Dieu ne peut plus serrer la main de son Créateur comme il aime à le faire naturellement.

De nos jours, beaucoup de prêtres n’ont plus la foi. On s’en aperçoit durant certaines eucharisties urbaines durant lesquelles le catéchumène (ou l’énergumène comme on voudra – merci Brassens !) se dépêche d’officier sans conviction, accablé sous le poids des nombreuses tâches qu’il doit endosser dans plusieurs paroisses à la fois. Situation inadmissible comme celle, entre autres, de voir son église de village fermée dans la journée alors qu’on veut aller se recueillir…

Peur des vols et des dégradations ? Foutaise ! Un édifice religieux dont le taux de fréquentation est normal, ignore ce genre de délit. Et même si notre époque désacralisée, parce que laïcisée à outrance, génère de plus en plus de ces saligauds qui confondent les confessionnaux avec des latrines publiques, la vérité est néanmoins ailleurs : le mariage des prêtres, mes frères, voilà le vrai problème ! Quand on permettra à nos curés de pouvoir s’accoupler et fonder famille, les vocations sacerdotales reprendront de plus belle et nos paroisses retrouveront leurs guides. Prêtres de père en fils (et en filles), ce serait chouette ! (fin de la digression…)

Certes, le prêtre n’est plus mage depuis longtemps. Mais la théurgie, elle, n’est pas morte pour autant. Puisque nos représentants du culte ne veulent plus (ou ne peuvent plus) être les médiateurs de la magie de Dieu ici-bas, chacun peut le faire soi-même dans sa boite à chaussure personnelle.

Chacun a peut-être ce devoir de devenir roi-mage de sa vie et tenter, dans sa propre étable, d’établir la divine connexion qui mène dans la grotte intérieure. Celle où l’attend l’embryon d’immortalité, promesse de la voie cardiaque, et but suprême des opérations alchimiques de la haute magie.

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Et qu'on se le dise par Toutatis !