L’alchimie des épreuves selon Marc-Aurèle

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Quand ça ne va pas, deux choses peuvent nous aider : la pensée positive et la prière. Bien sûr, quand rien ne roule correctement, il est difficile de rester confiant et de ne pas en vouloir à Dieu et à tout l’Univers. De fait, à part s’apitoyer sur son sort, répéter de jolies phrases inspirées ou prier ne sont pas les premières choses auxquelles on pense forcément… Cependant, le problème n’est pas tellement d’y penser ou pas, mais plutôt de savoir comment s’y prendre, et surtout quel genre de techniques auront des chances de fonctionner dans les pires circonstances de nos vies.

Le secret de Marc-Aurèle

Aujourd’hui je vais vous donner deux secrets alchimiques qui font merveille quand on a le moral à zéro et que l’on a envie de tout envoyer balader (je vous dirai en fin de ce message ce que tout cela a à voir avec l’alchimie…).

Tout d’abord, connaissez-vous Marc-Aurèle? C’est un empereur romain du IIe siècle qui était également philosophe stoïcien. On doit à ce mec un certain nombre de pensées mémorables sur la question du devenir existentiel. 

L’une de ses réflexions philosophiques est très connue, mais en vérité, peu de personnes s’en servent ou s’en souviennent quand il le faudrait. Pourtant, elle constitue une forme de prière extrêmement efficace dans les moments douloureux et angoissants. Personnellement, je l’ai affichée sur le mur de mes toilettes pour pouvoir la lire tous les jours. Autant penser à la merde dans un endroit dédié, non? :-)…

Je vous livre la prière pêle-mêle : 

« Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer, et la sagesse de distinguer les premières des secondes. »

Vous connaissiez, n’est-ce pas? Bien sûr ! Mais l’utilisez-vous quand ça ne va pas? Pas si sûr…

Une formule moins déiste

Peut-être parce que ça parle du bon Dieu et que ça vous gêne? Dans ce cas-là, pas de problème, vous pouvez l’utiliser sous une forme moins religieuse, comme par exemple :

« J’accepte les choses que je ne peux pas changer, j’ai le courage de changer ce que je peux changer, et je sais faire la différence entre les deux. »

Comment ça fonctionne?

Quel est le pouvoir de cette pensée?

Il est immense, parce qu’en vérité, la souffrance n’a qu’une seule origine : le REFUS

NOTRE refus.

En effet, ce ne sont pas les choses contrariantes ni les mauvaises actions des autres qui nous font le plus de mal, c’est notre manière de les interpréter.

Comment ça?

C’est très simple, nous projetons sur le monde une image idéale de la vie et du bonheur. Malheureusement pour nous, cette image nous a été imposée par la société et notre éducation depuis notre plus jeune âge, lesquelles nous ont gavés de clichés existentiels absurdes, où toute forme de frustration est absente.

Ainsi, lorsque les circonstances sont contraires à cette vision idyllique, nous nous y opposons, parce que nous sommes persuadés que ce qui arrive n’est pas normal !

Nous croyons ferme comme dur que ce qui se produit NE DEVRAIT PAS SE PRODUIRE !

En conséquence, en n’acceptant pas ce qui arrive, nous rejetons les événements contrariants comme des embuches sur notre chemin, alors qu’en réalité, si on le veut bien, absolument tout ce qui nous arrive est susceptible de nous faire progresser ou de nous apporter quelque chose d’inattendu.

C’est une première clé pour aller mieux.

La deuxième, c’est l’acceptation.

Accepter quoi? Ce qu’on ne peut pas changer.

Ça, c’est difficile, parce que ça nous parle d’impuissance (alors que la société nous dit le contraire) et de plus, ça nous renvoie une image de nous-mêmes très dégradée. Quand nous constatons que nous ne pouvons rien faire que d’accepter le cours des choses, notre estime de soi en prend un sacré coup.

Et ce coup-là est multiplié par le fait qu’à nouveau, nous refusons la chose catégoriquement comme étant anormale.

Voilà pourquoi le fait d’accepter profondément ce qu’on ne peut pas changer rationnellement est un facteur d’apaisement. Et voilà pourquoi Marce-Aurèle parle de sérénité, parce que quand vous acceptez que vous n’êtes pas tout-puissant, alors une paix profonde vous envahit. 

Quand la culpabilité s’en mêle…

Quand ça va mal, une autre complication survient, c’est la culpabilité. Etrangement, nous avons tendance à nous sentir fautifs de nos malheurs, même si ceux-ci nous sont infligés par les autres.


Le problème de la culpabilité, c’est qu’elle nous place en position de victime ou de bourreau, et dans les deux cas, on ne peut pas s’en sortir. A ce titre, Dolto proposait une formule intéressante pour contourner cette difficulté. Elle invitait à tâcher de comprendre ce qui est de notre fait, et non de notre faute…

Voilà pourquoi Marc-Aurèle parle de courage. Le courage de tenter quelque chose dans la mesure où c’est possible. Ce courage est particulier. Il nécessite que nous ne nous posions plus en victime systématique des autres ou du destin. Il nécessite que nous tournions le dos à la lâcheté qui consiste à se résigner et à gémir sur son sort sans rien essayer.

La bonne attitude

Au contraire, la bonne attitude — et Dieu sait qu’elle est rare en ce bas monde — consiste à s’interroger sur les opportunités qu’offre notre problème, après en avoir totalement accepté la NORMALITÉ.

La bonne attitude, c’est de prendre ses responsabilités et de comprendre en quoi nous avons quelque chose à voir avec ce qui nous arrive, tout en gardant à l’esprit que les emmerdes ne sont pas des punitions, mais qu’ils parlent simplement de nous. De ce que nous sommes, de ce que nous aimerions être et que nous
ne sommes pas, de ce que nous jouons à être, de ce que nous croyons être, de ce que nous pensons que les autres sont, de ce que nous avons et que nous ne devrions pas avoir, de ce que nous n’avons pas et qui nous manque pourtant… etc.

Au-delà de cela, rappelons-nous aussi que quand Forrest Gump marche dans la merde et qu’on le lui fait remarquer, il répond simplement : la merde? Ça arrive !

La sagesse de l’espion

Je vous ai parlé d’un deuxième secret. Et cette fois, ce sera sous la forme d’une histoire assez courte.

En 1965, l’espion russe Solokov, fut arrêté par la CIA.
Durant son interrogatoire, l’agent chargé de lui poser des questions remarqua son stoïcisme. Intrigué, il lui demanda : « Malgré votre situation catastrophique, vous n’avez pas l’air très inquiet, Monsieur Solokov! »
Le russe le regarda droit dans les yeux et répondit :
« Est-ce qu’être inquiet pourrait changer quelque chose à ma situation? »

Moralité : battez-vous si c’est possible,
sinon, trouvez le cadeau !

Ça turne par rond !

Le voilà ce fameux lien avec l’alchimie. Symboliquement, passer du plomb à l’or revient à devoir TOUT transmuter ! Dans la tradition hermétique, le plomb, c’est Saturne (ça turne pas rond ;-)), et Saturne, en astrologie, c’est tout ce qui a trait à la limitation, l’épreuve et la mort, c’est-à-dire, la frustration. Et c’est bien ce que nous ressentons quand ça ne va pas.

En revanche, l’or, c’est la lumière, la richesse, la maturité et aussi… la rareté. L’or n’est pas abondant. Il faut creuser, limoner et chercher beaucoup pour en trouver. Se faire chier, quoi ! … Ah !!!

Trouver de l’or dans du plomb, c’est juste une question de point de vue. C’est comme de trouver la solution dans un problème. Pourquoi? Parce que du plomb, c’est de l’or encrassé, non mûr au sens métallique du terme. Un truc précieux coincé dans une accumulation de choses inutiles. Lâcher les choses inutiles, c’est ça « accepter ». 

Nos emmerdes finalement, c’est la même chose. Des situations encrassées ou immatures qui ont besoin d’être purifiées et portées à maturation. C’est pour ça que ça fait mal, que ça grince, que c’est difficile… mais pas impossible!

Si nous comprenons ce qui se passe, en prenant notre part, pour ce qui est de notre ressort, et en acceptant tout le reste, alors, il émergera de ce travail une pépite d’or, allégée des restes pondéraux de nos illusions entretenues.

Bonne méditation !

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Et qu'on se le dise par Toutatis !