Immortalité de l’âme : le livre des portes

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Depuis des temps immémoriaux, la tradition hermétique enseigne que l’immortalité de l’âme dépend d’une qualité humaine qui pourrait paraitre banale, mais qui fait pourtant défaut à la plupart des êtres humains : la présence à soi. Aussi simple soit-elle, cette notion va conditionner notre manière de mourir et par conséquent notre capacité à rester conscients après le grand passage. L’acte de présence n’est pas naturel. C’est un exercice qui demande un effort et un entrainement durant toute l’existence, mais il y a pour cela des astuces à connaitre qui facilitent les choses et qui sont consignées dans un livre rarissime intitulé : le livre des portes

Êtes-vous certains d’être réveillés?

A l’heure où vous lisez cet article, il est probable que vous ne doutiez pas de votre conscience de vous-même. Probable également que vous soyez persuadé d’être réveillé.

Cependant, selon la tradition hermétique, à cet instant précis, vous ne vous en rendez pas compte, mais vous êtes en train de rêver ! Bien sûr, la plupart d’entre vous vont hausser les épaules. Bien sûr que si que je suis réveillé, je fais la différence entre le rêve et la réalité quand même, qu’est-ce que c’est que cette histoire encore?

Et bien non, désolé, nous faisons rarement la différence entre le rêve et la réalité. Pour preuve, lorsque vous rêvez, savez-vous que vous rêvez? Non, quand vous rêvez, les événements qui défilent dans votre esprit vous paraissent parfaitement réels. Dans vos rêves, vous traversez un nombre incalculable de péripéties alors qu’en réalité, vous êtes parfaitement immobiles dans votre lit et bien au chaud sous vos couvertures.

Posez-vous la question. Si cette illusion est possible lorsque l’on dort, pourquoi serait-elle impossible lorsque l’on croit être éveillé? Si la réalité de mon rêve est parfaitement discutable, pourquoi celle que je vis maintenant ne le serait pas tout autant?

Un rêve en continu ?

A ces propos, les gens opposent souvent un argument qui vaut la peine d’être entendu. Si c’était vrai qu’en ce moment je suis en train de rêver, pourquoi existe-t-il une continuité existentielle lorsque je suis réveillé et pas lorsque je dors? Chaque nuit, mes rêves changent. Il n’y a pas de continuité alors que dans ma vie, les événements se suivent de façon cohérente. Ça prouve que je suis bien réveillé, non?

Cette logique a du sens en effet. Cependant, voici quelques explications qui vous aideront à y voir plus clair.

Premièrement, je n’ai pas dit que dans la journée vous êtes en train de dormir. J’ai dit que vous rêviez, ce n’est pas la même chose.

Deuxièmement, à bien y regarder, nous passons notre journée dans une sorte de rêve éveillé, ballotés entre nos souvenirs issus du passé et nos craintes projetées sur l’avenir. En sommes, nous ne sommes quasiment jamais là où nous devrions être, c’est-à-dire ici-et-maintenant. Les nombreux moments d’absence qui jalonnent notre quotidien, que ce soit en voiture, au travail ou durant d’autres taches habituelles, en témoignent.

La plupart de nos actes sont parfaitement mécaniques. Nous pensons avoir le choix lorsque nous réagissons à tels ou tels stimuli, mais en réalité, nous offrons presque toujours une réponse préfabriquée que dispense, ou bien notre ego, ou bien notre corps.

En d’autres termes, nous sommes des robots programmés dès l’enfance et entrainés à réagir comme ci ou comme ça en fonction des événements. Nous sommes une montagne de conditionnements que nous remettons rarement en question, et pour cause, il n’y a personne pour le faire, de même qu’il n’y a personne à l’intérieur de nous qui soit capable de prendre conscience de l’irréalité des faits d’un rêve. On appelle cela le témoin intérieur, et il est totalement inexistant chez la plupart des êtres.

En réalité, c’est cette mécanicité, faite d’automatismes psycho-physiologiques, qui crée l’impression de continuité événementielle dans la vie de tous les jours. En revanche, lorsque vous dormez, l’activité psycho-physique étant réduite, votre imaginaire n’est plus soumis à la pression mécanique de la journée, et les rêves prennent alors un relief plus laxe et plus en rapport avec les couches profondes de l’inconscient, lequel est maintenu en laisse durant la conscience de veille, ce qui l’empêche de galoper dans tous les sens comme il peut le faire la nuit.

Et l’immortalité dans tout ça?

Rappelons ici deux choses :

D’une part, l’âme n’est pas immortelle de facto. L’immortalité est un gain et non un dû. Ce gain procède d’un travail sur soi durant l’existence et n’est obtenu qu’au terme d’un entrainement alchimique visant à réaliser ce qu’on appelle le corps de gloire. Contrairement à ce qu’affirme le newage mondain, il existe donc une deuxième mort qui concerne l’âme, laquelle ne survit qu’à la condition express d’avoir été transmutée dans un état d’incorruptibilité, ce qui lui permet d’échapper à la décomposition du corps auquel elle est attachée. Pour plus de détails, je vous renvoie à ma formation sur les mystères alchimiques de la vie après la mort

Deuxièmement, le seul moyen d’éviter la seconde mort, est de posséder une conscience vigilante, donc une présence, au moment précis où nous basculerons de l’autre côté. Or, si nous avons passé notre vie à rêver (ce qui est souvent le cas) donc à être absents, nous ne pourrons absolument pas accompagner consciemment les différentes étapes post-mortem, et nous sombrerons alors dans un ultime rêve qui se terminera par une extinction définitive, suivante en cela celle du corps.

La grande clé des sciences occultes

Vous comprenez bien au travers de ce qui précède que la clé du travail spirituel consiste à désolidariser l’âme du complexe psycho-physique auquel elle est fixée, c’est-à-dire à la détacher de l’égo (notre personnalité/éducation/croyances/humeurs) et de la chair (émotions, appétits, instincts) auxquels elle est fixée à la base. En alchimie, on appelle ça la phase SOLVE, soit DISSOLUTION.

Lorsque l’âme a pris son indépendance par rapport à tous les conditionnements de son histoire (une thérapie peut aider en ce sens), elle renait, et c’est donc la deuxième naissance dont parle le Christianisme des profondeurs. Or, pour pouvoir retrouver sa liberté, elle a besoin d’un outil que l’adepte des sciences occultes lui fournit, si tant est qu’il ait compris dans quel état d’illusion il se trouve et à quel point il passe son temps à rêver.

Cet outil, c’est la présence dans l’ici-et-maintenant. Une présence que l’adepte va s’évertuer à installer et consolider dans sa vie de tous les jours, y compris la nuit.

Comment faire pour s’entrainer à la présence?

Depuis des millénaires, les immortels ont inventé toutes sortes de moyens pour accentuer la présence de soi. Je vous donne quelques tuyaux intéressants dans ma formation sur le Secret de Jésus-Christ.

Mais il en est un outil dont je n’ai pas encore parlé et qui est l’exercice de la porte, extrait du grimoire d’un adepte anonyme. Ce recueil nous explique que les moments les plus importants de la journée sont ceux où nous ouvrons et fermons des portes. C’est à ces moments-là que l’exercice de la présence est le plus puissant. Pourquoi? Parce que, symboliquement, le passage de la vie à la mort est aussi une porte. D’ailleurs, ne parle-t-on pas de Porte des Étoiles dans la tradition hermétique pour qualifier le sas qui mène l’adepte à la vie éternelle, c’est-à-dire au Paradis?

Ainsi, chaque fois que vous passez une porte ou le moindre sas, SOYEZ EXTRÊMEMENT PRÉSENT ! Il y a au quotidien de très nombreuses occasions de passer d’un espace à un autre. Vous devez certainement ouvrir et fermer votre voiture très souvent. Lorsque vous conduisez, au lieu de rêvasser comme d’habitude, SOYEZ EXTRÊMEMENT PRÉSENT À VOUS-MÊME.

Vous tournez, vous êtes là. Vous passez sous un pont, vous êtes là. Vous entrez en agglomération, vous êtes là. Vous passez le seuil d’un magasin, vous êtes là. Vous passez l’arme à gauche, VOUS ÊTES LÀ !

VOUS ÊTES TOUJOURS LÀ ! Le plus souvent possible, et vous tâchez d’augmenter votre vigilance précisément durant ces courts instants où habituellement, vous feriez les choses de façon automatique, sans même vous en rendre compte, en pensant à tout sauf à ce que vous êtes en train de faire, ailleurs, hier ou demain… Du coup, au moment, de la mort, si vous ne vous êtes pas entrainé à être là, vous serez balayé comme une plume sous le vent et il se passera ce qui se passe chaque soir lorsque vous vous couchez, épris de fatigue au bout d’une longue journée ou d’une longue vie : vous perdrez conscience et vous vous endormirez. C’est pourquoi la tradition affirme qu’on meurt comme on s’endort, et c’est vrai.

Le problème, c’est que le rêve post-mortem sera le dernier. Il n’y aura plus de réveil du corps au petit matin, donc rien à quoi se raccrocher pour éviter la décomposition finale, pas de corps de gloire pour faire la bascule…

Pensez-y la prochaine fois que vous passerez une porte !

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Et qu'on se le dise par Toutatis !