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Faire la Pierre Philosophale, simple ou pas ?

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Tous les adeptes s’accordent à dire que la réalisation de la pierre philosophale est une opération extrêmement simple. Pourtant, ce n’est pas ce que laissent entendre l’imagerie et la littérature alchimiques. Derrière la complexité apparente des symboles et des textes hermétiques se cacherait-il une autre réalité ? Comment revenir à l’essentiel en suivant les voies de la Nature?

Simple ou facile ?

Il semble y avoir une contradiction importante dans le discours des alchimistes. Ils affirment pour la plupart que la réalisation de la pierre leur a coûté toute une vie, et en même temps, ils soulignent l’aspect « simpliste » des opérations du Grand-Œuvre.

C’est ambigu.

Pour dénouer ce problème, il est donc nécessaire de faire une distinction très nette entre les mots « simple » et « facile », qui sont souvent employés à tort pour décrire la même chose. Or, si l’on s’en tient à leur définition exacte, on s’aperçoit que ce qui est simple n’est pas forcément facile.

Prenez par exemple un coup droit au Tennis. Rien de plus simple que de faire ce mouvement latéral du bras qui permet à la raquette d’effectuer une frappe sur la balle en direction du camp adverse. Et pourtant, combien d’heures d’entraînement sont nécessaires pour réaliser ce geste sportif de façon efficace ?

Faire un bon coup droit n’est donc pas si facile malgré son apparente simplicité.

Difficile ou compliqué ?

On peut observer de la même façon d’autres confusions. Par exemple, ce qui est difficile à faire n’est pas forcément compliqué. Faire fondre un morceau de métal dans un creuset n’a rien de sorcier. Il n’y a rien de compliqué à allumer un four et à attendre que la température fasse son travail.

Ce qui devient difficile en revanche, c’est d’être en adéquation avec sa matière. De sentir le bon moment pour effectuer le geste juste. De savoir quelle quantité appliquer à ses opérations. De sentir à quel moment agir et de quelle façon.

C’est le sens de l’apprentissage classique et des tours de main dans toutes les formes d’artisanat. L’alchimie n’est pas qualifiée d’art pour rien. Toutes ces subtilités gestuelles qui fondent les connaissances traditionnelles font partie des difficultés de l’alchimie. Ce sont elles qui demandent du temps et du travail.

Des recettes compliquées

Les procédés d’alchimie existent en grande quantité. Quelquefois, ils sont particulièrement simples. On concentre les rayons du soleil avec une loupe : un jeu d’enfant ! Ou alors, on enferme un certain fluide dans un ballon de verre, et on laisse la matière évoluer toute seule durant des mois ; pas de quoi fouetter un chat.

Seulement, les préjugés ont la vie dure. Beaucoup persistent à chercher des solutions dans des applications alambiquées – c’est le cas de le dire! – à l’instar des textes qu’ils lisent et croient comprendre. Ils ne veulent pas croire en la validité de certaines opérations sous prétexte qu’elles ne sont pas assez complexes :  « Ça ne peut pas être aussi simple ! », crient-ils, lorsqu’on leur met l’évidence sous les yeux. « Ça se saurait ! » arborent les autres, pensant que parce qu’ils sont en échec, le reste du monde doit l’être aussi…

La voie droite

Une des étapes du sentier alchimique conduit aux portes de la Nature. C’est là que les adeptes trouvent à se ressourcer. La Nature est le sanctuaire de la simplicité. C’est en regardant dans son miroir que les alchimistes trouvent les réponses à leurs questions. La méditation des phénomènes naturels donne les clés du laboratoire hermétique.

Bien sûr, on ne peut pas dire que la Nature ne soit pas complexe. Il existe tellement de formes de vie sur Terre, dans les différents règnes, que l’œuvre de Dieu n’a pas encore fini de nous étonner.

Ce qui compte ici, c’est de comprendre que la simplicité requise pour le Grand-Œuvre invite l’alchimiste à suivre des voies essentielles. En simplifiant ses opérations, l’alchimiste simplifie aussi sa vie et son être. Cela le rapproche de la simplicité de Dieu et l’oblige à laisser faire la Nature qui seule, peut conduire correctement la matière première vers la quintessence.

C’est cela qui est difficile en alchimie. Laisser faire et laisser être. Dans notre société ultra-technique, le fait de lâcher-prise sur les choses est considéré comme une faiblesse. Cela provoque de l’effroi et de l’inquiétude. La majorité des échecs alchimiques vient d’une trop grande intervention de la part des chercheurs. Ils veulent contrôler le processus. Ce faisant, ils compliquent et ça capote.

En conclusion

La réalisation de la pierre philosophale des règnes végétal, minéral et animal, n’est pas techniquement compliquée (peut-être une peu plus pour le minéral). Quelques opérations basiques sur la matière lui permettent de prendre le chemin de la perfection hermétique. La quintessence.

Ce qui est plus difficile en revanche, c’est d’avoir la bonne attitude intérieure, d’être relié et aligné, pour favoriser les mécanismes de purification et de maturation de l’Oeuvre, qui  suivent de près, rappelons-le, ceux de la conscience de l’alchimiste.

La plus grande partie de l’apprentissage alchimique revient donc à développer des qualités humaines difficiles à obtenir. C’est l’objet même de l’initiation, simple en son essence puisqu’il suffit de « peler l’oignon », mais difficile en acte parce que ça fait pleurer.

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