Confinement et vie monastique

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Pour beaucoup de gens, le confinement imposé par le gouvernement est une énorme contrainte existentielle. Certains affirment qu’il s’agit ni plus ni moins d’une privation de liberté anticonstitutionnelle. D’autres disent que c’est une pure machination politico-financière. D’autres enfin pensent que c’est une nécessité vitale destinée à enrayer la propagation d’un virus dangereux. Qui a raison, qui a tort ?Peut-être y-a-t-il un peu de tout cela… Cependant, une autre question est possible : le confinement aurait-il du bon? Existe-t-il un moyen de considérer la chose de façon plus positive?…

Ne pas fermer les yeux

Il n’est pas question ici de fermer les yeux sur la réalité, ni même de dénier les innombrables problèmes et catastrophes que suscite le COVID au niveau économique, social et culturel.

Je vous propose plutôt d’enfourcher le tigre, comme le disent les taoïstes.

L’idée est de retourner la puissance de cette crise paralysante à notre avantage. De ne plus faire partie du problème, mais de la solution.

Il s’agit d’oser transmuter ce qui ne va pas en outils et, quelquefois en armes de combat.

Brandir la bêche

Je vous parlais du taoïsme, parce que c’est ainsi qu’est né le Kung-Fu. A la base, les monastères chinois étaient peuplés de moines pacifiques et inoffensifs qui cultivaient la terre pour se nourrir.

Malheureusement, ils étaient régulièrement attaqués et volés par des pillards paresseux qui profitaient de leur faiblesse apparente.

Que peut-on faire pour se défendre quand on n’a qu’une pelle ou un râteau dans les mains? Et bien on en fait une arme et on apprend à s’en servir comme telle. C’est ce qu’ils ont fait, et c’est ce qui a donné naissance au fil du temps aux différents styles du Kung-Fu, à la base de simples outils ruraux, transformés pour la circonstance en armes invincibles.

Depuis, les monastères Shaolin ne font plus pousser de radis, mais ils forment des combattants, dont la compétence est inégalée à ce jour.

Trouver la ressource

Je ne vous raconte pas cette histoire d’arts martiaux pour faire joli, mais pour vous inviter à trouver comment vous servir vous aussi du confinement actuel pour rebondir et tirer profit de ce qui se passe.

Quelles que soient les difficultés qui s’accumulent en de tels moments, il est possible de réfléchir à ce que tout cela peut nous apporter, au-delà des apparences parfois apocalyptiques que nous servent continuellement les médias. Au-delà encore de la peur ou de l’inquiétude qui nous assaillent lorsque nous nous sentons en danger.

Plutôt que de subir les événements, gémir sur notre sort ou encore brailler sur l’incompétence des politiciens, demandons-nous ici et maintenant ce que peut nous apporter la situation d’un point de vue paradoxal.

Respirer ou s’asphyxier, telle est la question !

Pour beaucoup, le confinement est un ligotage. Une privation de mouvement. Une interdiction d’exister.

Dans ce cas, c’est la panique et l’angoisse qui dominent. Et alors, on a le souffle coupé. On manque d’air, parce qu’on prend conscience que l’immobilité et le silence n’ont jamais fait partie de notre vie.

Avant le COVID, on courrait dans tous les sens. On s’agitait. Croyant respirer, on s’essoufflait. Et puis là, STOP ! dit le patron. Blocage. Camisole. Bâillonnage…

Pourtant, même contraints de la sorte, nous pouvons choisir de respirer. Ce n’est pas une image. C’est un vrai programme, parce qu’en vérité, le confinement est une formidable occasion de RALENTIR.

Le confinement, c’est la possibilité (si vous le voulez bien) de RESPIRER et de redécouvrir ce que signifie VIVRE.

Libre ou en prison, tel est le choix

Beaucoup de gens se moquent des moines et des moniales. Ils pensent que la vie monastique est une perte de temps et que ces personnes qui s’enferment dans les cloitres gâchent littéralement leur vie.

On se dit qu’en fait, les religieux sont en prison et qu’ils ont accepté d’être volontairement incarcérés, privés de leur droit de vivre et d’aller là où ils veulent.

C’est une façon de voir qui se comprend.

Mais quand on les interroge sur ce sujet, les moines et moniales se contentent de sourire avec compassion.

Pourquoi?

Parce qu’ils ont pitié de nous.

Pourquoi?

Parce que nous n’avons rien compris à ce qu’est la vie. Nous ignorons absolument tout de ce qu’est la véritable liberté.

Le moine, lui, a fait un choix, un choix libre, celui de consacrer son existence à Dieu et de faire son possible pour assainir ses passions humaines au profit d’un projet plus grand que lui.

Au contraire, nous autres, sommes totalement esclaves de nos envies. Nous pensons être libres de faire ou dire ce que nous voulons, d’aller où nous voulons, de vivre comme nous voulons. Et malgré toute cette pseudo liberté, nous continuons à souffrir, à nous faire la guerre, et à ne jamais connaître la paix intérieure.

Nous ne sommes jamais rassasiés.

C’est pour cette raison que les moines sont tristes pour nous. Ils savent que nous croyons défendre notre liberté, alors qu’en réalité, nous sommes souvent inconsciemment prisonniers de nous-mêmes, de nos blessures enfouies, de nos révoltes, de nos peurs, de notre éducation, de nos conditionnements sociaux. En définitive, complètement enfermés dans un ego auto-suffisant et calculateur, secrètement très malheureux…

Voilà pourquoi nous n’aimons pas le confinement. Quand le monde s’arrête ou ralentit, tout cela remonte à la surface. Le confinement nous confronte à nous-même.

Faire une pause

Pourquoi ne pas sauter sur l’occasion pour se poser un peu?

Ce confinement pourrait être l’occasion de lire, de méditer, de marcher, de se taire et de contempler la nature.

En apprendre plus sur nous-mêmes. En confiance. Car nous en avons la ressource.

Pourquoi ne pas profiter de ce temps de jachère pour faire un bilan de vie, une introspection, une thérapie, une lettre (et pas un courriel) à quelqu’un qu’on aime?

Pourquoi ne pas utiliser cette parenthèse pour apprendre quelque chose qui nous tient à coeur depuis longtemps, se former à une nouvelle activité qui nous attire?

Et enfin, pourquoi ne pas tenter de réapprendre à vivre ensemble, communiquer et danser à nouveau avec son conjoint ou sa conjointe, jouer avec ses enfants, utiliser ce temps de rassemblement intime pour créer un projet, une idée, un futur voyage?…

Mettre à profit ce qu’il advient de nous, malgré le doute, la peur, la colère, la frustration.

Décider qu’on va y gagner quelque chose et chercher quoi jusqu’à ce qu’on le trouve…

La suite de l’enseignement en PROMO derrière ce lien.

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Et qu'on se le dise par Toutatis !