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Argent et spiritualité font-ils bon ménage?

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Quand j’ai publié ma première formation d’alchimie payante, j’ai immédiatement été taxé de marchand du Temple. Beaucoup de gens considèrent encore aujourd’hui qu’argent et spiritualité sont parfaitement incompatibles… C’est un phénomène purement français lié à la société d’assistanat entretenue sur notre territoire. Partout ailleurs dans le monde, on trouve normal de recevoir un salaire pour son travail. On sait également que le sujet tabou des Français est l’argent. Dans le contexte qui nous occupe, la question reliant l’argent et la spiritualité est néanmoins très intéressante et nous allons la décortiquer ensemble.

Les riches sont-ils des salauds ?

Il est étonnant de constater que la France est l’un des pays les plus riches du monde et également celui où l’argent a la plus mauvaise réputation. Je me demande bien comment font les Français pour dépenser autant d’argent chaque année dans des choses futiles et avoir en même temps bonne conscience. C’est l’un des paradoxes les plus étonnants de notre société de consommation.

Autre chose amusante : les gens veulent tous être riches, se plaignent d’être insuffisamment payés, râlent toute l’année à cause de leur pouvoir d’achat en baisse, mais entretiennent en même temps l’idée que la fortune n’est réservée qu’aux pourris du système. Les Français sont coincés entre le désir d’être riches, et le risque d’être des salauds s’ils y parviennent.

Les gens spirituels doivent-ils être pauvres ?

Autre idée reçue, la spiritualité n’est pas faite pour ceux qui gagnent de l’argent. Si j’en crois cette affirmation, l’homme spirituel est forcément pauvre ce qui, en terme d’efficacité pratique, se révèle complètement faux.

L’expérience montre en effet que la précarité n’est pas du tout favorable au progrès spirituel. Il se trouve que si un homme manque de l’essentiel (manger, boire, se chauffer, etc.), il ne sera pas dans de bonnes dispositions d’évolution. On confond donc frugalité et misérabilisme.

D’ailleurs, la plupart des structures monastiques (tant en Orient qu’en Occident) veillent à ce que leurs membres ne manquent de rien qui soit nécessaire. Dans la plupart des cas, même les ermites sont rattachés à une communauté qui les nourrit et les soignent si besoin est. « Vivre d’amour et d’eau fraîche » reste encore bien loin de la réalité.

Or, dans notre monde, ce qui permet de subvenir à nos besoins s’achète le plus souvent avec de l’argent. C’est pourquoi les moines en gagnent et paient des impôts au même titre que le citoyen lambda. S’ils ne s’en vantent pas, il est clair que certains monastères européens sont plus riches qu’on ne le pense, soit du fait de leur revenu important, soit du fait des biens qu’ils ont accumulés durant des siècles (terres, exploitations agricoles, immeubles…).

L’enseignement spirituel doit être gratuit !

Mais d’où vient cette ânerie ? Je vous défie de trouver un maître bouddhiste authentique qui acceptera de vous enseigner gratuitement. Je vous défie de trouver une structure initiatique qui ne vous demande pas un droit d’admission ou un quelconque service en retour (quand elle ne vous fait pas payer au prix fort les grades qu’elle vous fait passer…). Je vous défie d’aller dans une librairie ésotérique et de sortir avec le livre qui vous convient sans donner de l’argent au libraire.

Rien n’est jamais gratuit!

Dans notre société moderne, le mot « gratuit » est celui qu’on emploie quand on ne veut pas parler de « vol ». Voilà la vérité que personne ne veut dire.

Les valeurs du monde actuel sont si inversées que l’on est parvenu à rendre licite ce qui ne l’est pas. Les contrefaçons à outrance (téléchargements, copies de contenu et autres…) sont si banalisées de nos jours, qu’elles ont perdu leur aspect illégal. Le comble est que le voleur n’a plus conscience de voler, ce qui est un signe de dégénérescence sociale avancée.

On pourrait parler aussi des profiteurs du système qui s’enrichissent sur le dos des autres parce qu’ils ne veulent fournir aucun effort…

Bref la liste est sans fin.

Mais Jésus a dit « Donnez tout aux pauvres et suivez-moi »

Qu’on le veuille ou non, c’est une forme de paiement comme un autre. Il est juste question de ce que vous êtes prêt à donner en échange. Un test de motivation en somme.

Je suis toujours étonné de voir que les gens sont capables de mettre des fortunes dans des téléphones portables compliqués ou la dernière télé plate de chez Conf…, et lorsque vous leur demandez quelques billets en échange d’un enseignement et d’une expertise qui vous ont coûté la moitié de votre vie, ils brandissent le drapeau rouge et brûlent des pneus.

Je suis également surpris que tout le monde trouve normal de recevoir un salaire de son patron ou de ses clients (jamais assez gros d’ailleurs), et lorsqu’il s’agit de faire bouffer l’instructeur spirituel, on ferme sa besace et on compte ses pièces.

Sidéré enfin qu’on ne veuille jamais rien donner pour sa vie spirituelle…

De quelle richesse parle-t-on exactement?

Je vous le dis tout net. Si vous avez des problèmes avec l’argent et/ou avec le fait d’en gagner, vous en aurez avec Dieu. Vous n’évoluerez pas spirituellement parlant.

En général, on a le même regard sur l’argent que sur la valeur qu’on s’accorde. Cela en dit long sur les éternelles lamentations de ceux qui veulent tout pour rien.

Certains guides spirituels importants ont pourtant été clairs là-dessus, Jésus, par exemple, a dit : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Luc 20, 20-26). Certains y ont vu le mépris de Jésus pour l’argent. Ils le justifient par le passage où le maître des chrétiens affirme également « qu’il est plus difficile à un riche d’entrer au Royaume de Dieu qu’à un chameau par le trou d’une aiguille » (Mt 19, 23-24).

Mais, c’est une vision simpliste et niaise. Une façon de suivre la lettre au lieu de l’esprit.

En réalité, Jésus ne parle pas d’argent, mais plutôt de la relation que l’on entretient avec les choses matérielles et temporelles, y compris l’argent. C’est pourquoi il dit que ce sera plus difficile à un riche d’atteindre à la vie éternelle, mais pas impossible non plus. Pour preuve, l’histoire recense quelques adeptes fortunés (Jacques Coeur par exemple).

Quant à la formule « Rendez à César », elle montre bien que Jésus refuse de tendre la perche à cet amalgame courant qui oppose la valeur d’une chose à sa durabilité. Jésus ne veut pas parler d’argent, ça ne l’intéresse pas, chacun doit faire ce qu’il faut pour subvenir à ses besoins (donne-nous notre pain quotidien). C’est du domaine de l’horizontalité, et il n’est pas là pour ça. Lui, son boulot, c’est de parler de Dieu. Et lorsqu’on essaye de le coincer sur le thème de la monnaie, il se contente de dire : « Gérez votre pognon les gars ! Payez vos impôts à César, et ne m’emmerdez pas avec ça… »

Pour Jésus, seule compte l’éternité. C’est un pragmatique. Il soigne ceux qui l’approchent en personnalisant son enseignement.

Par exemple, quand il propose à cet homme qui vient le questionner sur la voie à suivre, de vendre tous ses biens et de les distribuer aux pauvres, ce n’est pas une formule générale pour l’humanité entière. C’est une réponse adaptée à cet individu-là, parce que Jésus avait deviné son blocage sous-jacent. Il savait que le point faible de cet homme était son attachement aux biens terrestres et temporels. « Vends ce que tu as… » n’était pas un jugement de valeur que Jésus émit en défaveur de l’argent. Encore une fois, Jésus s’en foutait éperdument de l’argent. Son intervention fut une invitation au lâcher-prise. D’ailleurs, Jésus avait dans son entourage des gens fortunés qui finançaient sa campagne, si l’on peut dire…

En réalité, les choses matérielles, qu’elles vaillent de l’argent ou non, sont temporelles. D’un point de vue spirituel, le véritable problème n’est donc pas de gagner de l’argent ou non. C’est plutôt de savoir ce que l’on fait avec. Le riche qui ne peut entrer au Royaume de Dieu est donc celui qui entretient une relation fusionnelle avec son capital financier et ses biens. C’est celui qui s’attache à des valeurs temporelles et s’identifie à elles pour exister. En revanche, le riche qui possède assez de sagesse pour être capable de posséder de grands biens sans oublier le véritable enjeu spirituel de son incarnation, celui-là est éligible pour le Royaume céleste.

Voilà qui devait être précisé.

Stop à l’hypocrisie généralisée

Ma position sur ce débat est donc la suivante. Aussi sûr qu’un pirate informatique hurlera (lui aussi) à  l’injustice si on lui pique son vélo, sans argent vous n’irez pas bien loin dans la vie spirituelle. Et je préfère gagner le mien en guidant les gens vers Dieu et en leur donnant des réponses à leurs questions existentielles, plutôt que de leur vendre des babioles éphémères qui alimentent indirectement les guerres et l’esclavagisme infantile de la société de consommation.

La poutre ou la paille, à vous de choisir…

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Et qu'on se le dise par Toutatis !