Le dieu des gnostiques - cfio.fr

De quel Dieu parle-t-on?

Le monothéisme est-il vraiment une avancée de la conscience religieuse? De façon presque unanime, c’est ce qu’affirment les théologiens depuis très longtemps. La religion devient par ce biais plus pratique et plus simple à enseigner et à diffuser. Mais cette réduction philosophique n’entraîne-t-elle pas également une perte de substance métaphysique ?

Tout en Un

On pense à tort que les vieilles traditions comme l’Égypte étaient polythéistes. Le fait que les anciens Égyptiens vénéraient un panthéon de divinités multiples a suffi à entériner cette croyance. En réalité, les traditions spirituelles antiques connaissaient l’existence du Dieu unique, mais elles préféraient identifier chacune de ses nombreuses manifestations par l’entremise d’une divinité tutélaire.

L’intérêt de cette forme de pensée religieuse est qu’elle installe le divin dans tous les domaines de l’existence. À tous les étages, on voit Dieu. Aucun secteur de la vie ne possède pas son dieu. Aucun recoin de l’espace n’est exempt d’une signature divine qui porte un nom.

Le tout en Un, ou Dieu unique n’est donc pas une invention judaïque. Ce n’est pas non plus un progrès définitif. Réduire les dieux à un seul, c’est réduire également l’étendue de la présence divine partout sur Terre. Tant que les dieux existent dans la pensée des hommes, ils voient du divin partout. Quand les dieux disparaissent au profit d’un seul, haut perché sur son trône de gloire, un fossé se creuse entre lui et les hommes.

Il y a régression et les valeurs spirituelles s’éteignent. Le dieu unique quitte la scène humaine et s’éloigne considérablement des contingences existentielles du vivant. Avec le temps, il n’intéresse plus personne. La société des hommes se passe de lui.

Un Dieu par système…

Les anciens gnostiques et initiés de l’hermétisme s’entraînaient à vivre en Dieu, ici et maintenant. Il est donc possible de considérer que Dieu, c’est nous en mouvement. Soit une façon assez moderne de dire que la création, même imparfaite, n’est pas ce cloaque monstrueux dans lequel nous évoluons et nous débattons depuis des lustres.

Changer sa vision du monde, c’est aussi changer celle de Dieu. Car si l’on suit le raisonnement précédant, on est obligé d’admettre que Dieu lui-même n’est pas parfait, ce qui semble assez peu conforme à l’idée que l’on s’en fait habituellement.

À moins que ce Dieu bien de chez nous ne soit pas le même que celui de l’Univers, mais un simple éon, quoique grandiose, dont la circonscription se limite à notre seul système solaire.

C’est à peu près ainsi que les anciens Égyptiens concevaient l’univers, et c’est également conforme aux enseignements de la gnose chrétienne, gardée intacte dans des cloîtres du monachisme orthodoxe, et vulgarisée d’abord par Boris Mouravieff, puis dans les présentes formations d’ésotérisme chrétien du CFIO.

Le Dieu solaire

Toutes les anciennes religions se sont tournées vers le soleil et l’ont vénéré comme l’entité spirituelle suprême pour notre système. Les Anciens étaient des gens humbles. Ils chercheraient d’abord l’accessible avant d’envisager plus loin.

Aujourd’hui, on veut aller sur Mars, mais on ne connaît pas encore la vastitude des océans. On veut domestiquer d’autres planètes, et l’on ne sait pas prendre soin de la nôtre.

La métaphysique hermétique et gnostique nous apprend que le domaine d’activité spirituelle de l’homme est le système solaire. On peut philosopher longtemps sur la nature gigantesque du Dieu de l’Univers, ce n’est pas à notre portée. Tant que l’on n’a pas atteint le niveau de notre logos (solaire), c’est même parfaitement inutile.

Croyant apporter quelque chose de nouveau, les religions monothéistes ont péché par orgueil. Elles ont éloigné l’homme de son créateur, aidées en cela par une science athée qui a redéfini en termes vides les contours majestueux des principaux symboles sacrés des sociétés.

Notre soleil est notre dieu. C’est à lui que nous devons la vie. Il est le démiurge de notre système planétaire et non cet astre flamboyant générateur de métastases qu’on nous décrit.

C’est pourquoi les alchimistes tentent de le capturer dans leurs fioles de laboratoires.

Et le grand Dieu de l’Univers ?

C’est l’inconnaissable. Nous sommes pour lui aussi peu signifiants que le sont pour vous les poils d’un Yak des steppes d’Asie Mineure.

Il y a confusion dans l’esprit des gens lorsqu’ils pensent à Dieu. Le logos solaire qui est notre Dieu créateur est seulement un des nombreux cœurs du Grand Esprit de l’univers. Une sorte de porte vers l’insondable, comme le sont les milliards d’autres soleils peuplant le cosmos.

En priant le logos, vous avez un accès possible vers le divin. C’est notre destination spirituelle à tous. Au delà, vous commettez une erreur métaphysique grossière, doublée d’une fatuité intellectuelle monstrueuse.

L’homme se croit tout-puissant. Il lui est difficile d’accepter de vivre dans un environnement limité. Mais les lois de l’univers sont strictes. Elles régulent jusqu’à la marche des galaxies qui sont, elles aussi, des entités en devenir dans la grande équation.

Accès direct à l’initiation spirituelle solaire…

Et qu'on se le dise par Toutatis !